Le 13e sommet de l’Union Africaine qui vient de se clôturer à
Syrte en Lybie, consacre un revers diplomatique pour Idriss Deby et les membres du Gouvernement tchadien présent à cette rencontre des chefs d’Etats et du Gouvernement africains.
En effet, après les affrontements militaires entre les troupes gouvernementales et les élèments de l’Union des Forces de la Résistance (UFR), le Tchad, qui a protesté officiellement par la voix de son Président Idriss Deby, a déclaré de soutenir ouvertement la Cour Pénale Internationale (CPI) dans sa requête contre le dirigeant soudanais Oumar Hassane El-béchir.
On peut se souvenir que le dirigeant soudanais, a été inculpé par le procureur Luis Moreno Ocampo pour génocide au Darfour et autres actes qui visent à transgresser le Droit humanitaire international, les Conventions internationales et institutionnelles censés régir l’équilibre à l’échelle universelle.
Contrairement à la position tchadienne, le 13éme Sommet des Chefs d’Etats du continent, est allé outre mesure, pour élaborer un projet de résolution opposé à la Cour Pénale Internationale (CPI) soumis par la Libye.
Dans ce projet, l’Union Africaine(UA), déplore qu’aucune suite n’ait pas été donnée à sa requête introduite auprés du Conseil de Sécurité pour demander la suspernsion pour une durée d’une année, les poursuites contre Omar El Béchir, Président du Soudan conformément à l’article 16 du Statut de Rome.
En revanche, l’Union Africaine a demandé aux Etats membres de l’Union de ne plus coopérer avec la Cour Pénale Internationale(CPI).
Seul, le Tchad d’Idriss Deby, a émis sa réserve face à cette position unanime de la volonté africaine contre la Cour Pénale Internationale (CPI), accusée de démarches judiciaires sélectives qui visent seulement les dirigeants africains en épargnant ceux du nord, qui sont loin d’être exemptés des mêmes reproches.
Idriss Deby, qui souffre du défaut de son entourage juridique très limité en matière d’appréciation des enjeux sous-régionaux et internationaux, est tombé dans son propre piége. Car, lui, même ne peut échapper aux poursuites judiciaires des juridictions internationales au regard des crimes commis au Tchad contre les populations dans le Dar Tamas, dans le Ouaddaï, au Sud du pays, dans le Guéra et plusieurs autres chefs d’inculpations dont il fait personnellement l’objet.
Il suffit que les
familles des victimes tchadiennes dont le Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh, de Bichara Digui, de Bissou
Mamadou, de Laokein Bardé, de Abbas Koti, et autres personnes ayant subit les tortures sous son régime, décident de saisir toute juridiction internationale pour porter plainte contre
lui.
Idriss Deby, responsable personnellement de plusieurs crimes et autre atrocités commis au Tchad, est une cible
idéale irréfutable dans la démarche contre l’impunité en Afrique et dans le monde.
Comment peut-il alors échapper aux poursuites judiciaires contre lui de ses victimes?
Makaila Nguebla