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21 Avril 2019
DECLARATION DU PRESIDENT DE L’UNDR, CHEF DE L’OPPOSOTION DEMOCRATIQUE
Je fais remarquer que les médias publics, comme d’habitude, sont amplement utilisés pour déverser la bile de mes détracteurs, afin de me nuire. Je souhaite donc que la HAMA, au nom de l’équité dans le traitement de l’information par les médias publics, veille à la diffusion de mes propos qui constituent un droit de réponse aux allégations largement diffusées de M. Nouredine Kassiré Coumakoye, Ministre d’Etat à la présidence de la République, et M. Mahamat Zen Bada, secrétaire général du MPS.
Mon rejet de la décision de la Cour suprême n’a donc aucun fondement financier, mais il se fonde sur les principes de droit. J’ai demandé à des avocats et juristes tchadiens et africains leur avis qui m’obligera. Pour l’heure, tous les avis sont convergents : la Cour suprême du Tchad n’a pas dit le droit. C’est pour cela que je confirme ma position de Chef de l’Opposition Démocratique. Puisqu’aucune voix de recours n’est possible en l’état, j’ai demandé à mes avocats de préparer la saisine de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui est un organe de l’Union Africaine. En attendant, le Ministre d’Etat devrait savoir que : la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême n’a pour compétence que le contrôle de la constitutionnalité des lois et ne peut donc pas rendre de décision en interprétation d’un texte ; qui plus est, la Chambre s’est cantonnée aux dispositions de l’article 7 de l’ordonnance 40, alors que l’article 8 dispose clairement que : « le mandat du chef de l’opposition démocratique couvre toute la durée de la législature ». La désignation du Chef de l’opposition démocratique découle du résultat des élections législatives, et non d’un acte administratif. La variation du nombre de députés ne saurait remettre en cause cette position.
Pour le reste, mon « frère » Kassiré est constant quand il se fourvoie dans une matière dont il est déconnecté depuis belle lurette et, faute d’argument de droit, il fait le bouffon : l’auteur de « la chèvre broute là où elle est attachée » a enrichi son vocabulaire par la « mangécratie » dont il reste un adepte convaincu.
Le 6ème congrès de l’UNDR vient de démontrer sa vitalité à la face du monde, et évoquer des « départs en cascade » en son sein relève d’une pure hallucination puérile. M. Kassiré dont le parti n’est plus qu’une coquille vide sait de quoi il parle, s’agissant des départs en cascade, lui dont le nombre de militants se compte sur les doigts d’une seule main et ne doit sa survie qu’à la « mangécratie » (le verbe manger est revenu une dizaine de fois dans ses propos devant la presse). A l’UNDR, nous ne savons pas conjuguer le verbe manger ! Vous l’avez d’ailleurs entendu dire : « nous au MPS ». A-t-il encore un parti politique ?
Sur ce point aussi, le secrétaire général du MPS a confirmé ce que nous soupçonnions : ce sont les services équato-guinéens qui ont informé le Tchad de la présence de M. Essono qui est pourtant sorti légalement de son pays avec un visa tchadien, et est entré légalement au Tchad. M. Essono a passé une nuit à N’Djaména avant de se rendre à Mongo pour participer au congrès de l’UNDR (il avait déjà pris part aux congrès de 2014 à Moundou et 2016 à N’Djaména). La police tchadienne l’a « cueilli » à Mongo dès son arrivée et elle est incapable aujourd’hui, jusqu’à plus ample informé, d’apporter ne serait-ce qu’un début de preuve des allégations portées contre lui. Ce n’est pas avec 8 numéros de téléphone qu’on fomente un coup d’état !
Comme je le répète depuis le 12 avril, comment le Tchad peut-il accepter que la Guinée Equatoriale le traite comme un pays vendeur d’armes, et de munitions, et fournisseur de terroristes pour stabiliser les autres pays ? Cette affaire, rocambolesque et ubuesque à la fois, n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais nous pouvons retenir que la Guinée Equatoriale semble maintenir ses accusations sur le Tchad, suite au coup d’état manqué de décembre 2017. Des dizaines de Tchadiens croupissent encore dans les geôles de Malabo et d’autres ont été assassinés. Le Tchad devrait plutôt demander des comptes à M. Obiang Nguéma.
En attendant, je reste convaincu par l’innocence de notre ami et je réitère que le Président de la République, trompé par les flagorneurs et les « batakoumbas » qui l’entourent, doit rester serein et juste, et ordonner la libération pure et simple de Mr. Andres Essono Ondo. Celui-ci ne peut pas être extradé, en regard du droit international auquel le Tchad adhère.
Le gouverneur du Guéra, immédiatement après le départ de la délégation de l’UNDR de Mongo, a autorisé au MPS d’y organiser de grandioses manifestations. N’est-ce pas le même qui a écrit à l’UNDR que : « l’organisation des congrès, meetings et rentrées politiques dans la province du Guéra est suspendue jusqu’à nouvel ordre pour des raisons de sécurité » ? A-t- on attendu notre départ pour ramener immédiatement la sécurité ? C’est une énorme duplicité qui pose la question de la dépolitisation de l’administration. Tant que les administrateurs et gestionnaires de la chose publique dépendront du MPS, notre démocratie ne connaitra aucune avancée. Et cela est gravissime.
C’est aussi le lieu de poser le problème de l’intrusion, illégale et inacceptable, de la chefferie traditionnelle dans les affaires politiques. Nous respectons nos chefs, ils doivent nous respecter et rester en dehors de l’arène politique. Je l’ai dit et je le répète, si les chefs traditionnels se hasardaient à prendre position pour un parti quel qu’il soit, nous nous donnerions les moyens de les combattre avec la dernière énergie, et cela fera mal.
Le pouvoir-MPS ne doit pas poursuivre sa politique de division qui oppose les communautés les unes aux autres. Garant de la stabilité du pays, le président Déby doit user de ses prérogatives pour rassembler les Tchadiens, quelles que soient leurs origines.
Nous sommes donc convaincus que l’ordonnance n° 038 portant création des unités administratives et des collectivités autonomes est un mauvais choix. Car elle consacre la suprématie des régions vastes mais sous-peuplées sur celles qui sont très peuplées mais de faible superficie. En matière électorale, c’est la population qui compte par son nombre, et ce principe doit être respecté au Tchad. La domination sur les autres régions par celles dites de l’extrême- nord, visible dans les nominations aux hautes fonctions civiles et militaires, est un scandale qui n’a que trop duré. C’est un phénomène qui crée des ressentiments porteurs de germes de profonde division. Le Tchad n’en a plus besoin.
En conclusion, il apparait de ce que je viens de dire deux faits importants qui constituent une gangrène pour notre pays :
Cela doit cesser car il s’agit de sortir tout un pays d’un marasme endémique, et ce sont tous les Tchadiens qui seront appelés à cette œuvre gigantesque pour sauver ce qui reste. J’en appelle donc à la conscience de tous les Tchadiens d’accepter ce sacrifice et d’organiser un Dialogue inclusif sans lequel rien de durable ne pourrait être entrepris.
N’Djaména, le 20 avril 2019
Saleh Kebzabo
Président de l’UNDR
Chef de l’Opposition Démocratique
Ecoutez la version audio: déclaration