Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Makaila, plume combattante et indépendante

Makaila.fr est un site d’informations indépendant et d’actualités sur le Tchad, l’Afrique et le Monde. Il traite des sujets variés entre autres: la politique, les droits humains, les libertés, le social, l’économique,la culture etc.

Résultats du baccalauréat 2011 au Tchad

Résultats du baccalauréat 2011 au Tchad.

Symptôme révélateur d’un système éducatif en faillite !

 

Par Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse

 

Les résultats du Baccalauréat de l’enseignement du second degré (session unique de juin 2011) ont été proclamés ce mercredi 20 juillet 2011. Sur 60.658 candidats ayant composé cette année, 9.544 seulement ont été déclarés admis (soit un taux de réussite de 15, 73%) rapporte le site Internet de la présidence tchadienne.

 

Cette situation a créé un profond malaise pour le gouvernement, les enseignants, les parents et les élèves, jusqu’au-delà des frontières nationales. Ainsi, ce faible taux de réussite appelle tout décideur politique de bon sens à chercher les causes profondes de cette faillite en partenariat avec tous les acteurs du système éducatif tchadien. C’est presque une part importante d’une génération qui se retrouve handicapée et dont l’avenir est remise en cause. Cela suscite un certain nombre de questions. Quelle est la part de responsabilité de la politique éducative, et donc de ceux qui l’initient, l’orientent et la mettent en œuvre ? Quelle est la responsabilité des enseignants et encadreurs, des parents ainsi que des élèves eux-mêmes ? Quelle est la part du contexte socio-économique, politique et culturel actuel du pays ?

 

Ces résultats montrent avec une évidence déconcertante la profonde faillite du système éducatif tchadien. Nous sommes convaincu que l’une des causes est l’essoufflement de la politique éducative qui est largement fondée sur un héritage colonial dépassé face au contexte actuel, aux enjeux du moment et aux défis que doit relever le Tchad. Il est clairement temps que le Tchad réforme son système éducatif en tenant compte des facteurs socio-économiques, politiques et culturels du pays qui ont leur part de responsabilité dans cette situation.

 

La vision réductrice et les politiques publiques de l’éducation nationale menées par le gouvernement tchadien ressemblent fort à des pratiques du secteur informel, des bricolages, qui agissent en périphérie plutôt que sur les causes profondes de l’inefficacité du système éducatif. Ces politiques sont davantage caractérisées par l’incohérence, l’inefficacité, l’inefficience et l’absence d’une vision globale et de long terme.

 

Sans dédouaner les enseignants, les parents et les élèves, la responsabilité première de cette situation de perversion de l’éducation nationale incombe incontestablement à ceux qui gèrent le Tchad, en l’occurrence les décideurs politiques de ce pays. Avec un tel échec et face aux drames que vont vivre des milliers d’élèves tchadiens et leurs familles dans leur vie intime, sociale et  psychologique, il nous paraît inconcevable que dans un pays qui se respecte, on n’ait pas déjà commencé à établir les responsabilités de chacun. Au cas où cela serait fait, il est fondamental que les responsables en cause puissent démissionnés de leurs fonctions, avec à leur tête les ministres en charge du système éducatif au Tchad. Car, ce spectacle désolant n’honore pas le Tchad, ni son gouvernement, ni sa population. Où va ce pays ?

 

Par ailleurs, il est nécessaire de repenser la politique de l’éducation nationale, en commençant par la base - y compris la petite enfance, en visant la qualité et en tenant compte des réalités démographiques et socio-économiques du Tchad, de ses besoins ainsi que de l’évolution du marché national de l’emploi et de l’évolution du contexte régional et international. Cela pourrait commencer par la mise en place d’une mission chargé d’étudier le système éducatif tchadien dans le but de proposer des recommandations en vue de son éventuelle réforme, à l’image de la récente mission diligentée par le ministère des affaires étrangères au sein des représentations diplomatiques tchadiennes, initiative que nous saluons au passage.

 

Au-delà de la politique nationale de l’éducation, d’autres explications sont à rechercher dans les inégalités liées à la richesse, au genre, au lieu de résidence ... qui n’ont cessé de se creuser profondément entre les privilégiés et les autres depuis ces dernières décennies au Tchad. De ce point de vue, le défi majeur est donc de bâtir une société plus inclusive et plus juste. 

 

Si rien n’est fait, cette situation constituerait une bombe à retardement qui risque d’embraser le Tchad les jours, les mois et les années qui viennent. Le ras-le-bol des jeunes et le climat tendu entre eux et les autorités dans la capitale tchadienne au lendemain de la proclamation de ces résultats dénotent la gravité de cette situation.  De quoi sont capables plus de 50.000 jeunes survoltés, animés par un sentiment d’injustice et sans perspective d’avenir ? A méditer.

 

Ceux qui profitent injustement des richesses du Tchad pour garantir leur avenir et mettre à l’abri leurs enfants tout en leur permettant d’accéder à une meilleure éducation n’échapperont pas à l’explosion de cette bombe. Il incombe en premier lieu aux décideurs politiques du Tchad de se rendre compte de leur lourde responsabilité et se départir de la discrimination et de l’injustice pour offrir aux jeunes tchadiens la possibilité de construire leur avenir dans les meilleures conditions possibles avec les mêmes chances pour tous et par un accompagnement pédagogique, socio-économique, politique et culturel de qualité. Si cela n’est pas réalisé, une seule conclusion s’impose : cette faiblesse de réussite au bac relèverait d’une volonté des pouvoirs publics d’user de cet instrument de validation de diplôme à des fins qui méritent d’être élucidés.

   

Il convient simplement de rappeler à nos jeunes que le BAC n’est pas une fin en soi.  Manquer son BAC pour une raison ou une autre, n’empêche pas d’inventer et de bâtir son avenir en mettant à profit toutes les opportunités rencontrées et tous les autres mécanismes d’ascension sociale. N’oublions pas en outre qu’on peut refaire son BAC pour ceux qui y tiennent vraiment. Parmi ceux qui sont devenus « quelqu’un », nombreux sont ceux qui n’ont pas décroché leur BAC, ou au moins du premier coup. Surtout ne vous découragez pas, il y a plusieurs possibilités dans la vie de réussir brillamment. L’important est d’être en adéquation avec soi-même, dans la limite et le respect des normes et des valeurs collectives.

 

Talha Mahamat Allim

 

 

 
 
 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> <br /> Talha c'est mieux d'écrire sur des sujets qui intéressent le Tchad que de perdre ton temps avec des sujets sur l'ambassade du Tchad à Geneve. Le fait d'etre viré de l'ambassade ne te donnes pas<br /> le droit de t'acharner à notre ambassade à Génève.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
B
<br /> <br /> L'echec du bac montre entre autre l'echec national dans tous les domaines.Il n'a jamais eu de suivi dans aucun domaine au Tchad.Il faut bien payer les enseignants,il sont les fondements de<br /> l'avenir du pays,il faut leur assurer une vie decente,pourqu'ils soient à l'abris du besoin et pouvoir BIEN enseigner.Quand est-ce que l'Etat se rendra compte qu'il faudrait se<br /> reveiller???????????moi je vois le Tchad comme un territoire peuplé d'individus dirigé par des enfants qui s'amusent comme bon leur semble.Depuis quand on est dans le top 3 des pays les+<br /> corrompus du monde?on dirait qu'on attend un coup de baguette magique ou bien k le Pr Deby devienne Harry potter?mais faut se reveiller Nom de Dieu. On est pas en retard on est absent,les<br /> decideurs politiques ils decident quoi à la fin?comment on va changer le Tchad?ils ne voient pas plus loin que la longueur de leur nez,pourqoi ils ne font jamais de projection à long terme,ils<br /> demissionnent jamais quand ils font des echecs?ils n'ont pas de compte à rendre au peuple,comment ils sauront qu'ils ont échoué?des analphabètes nous servent de policiers et des militaires?ca<br /> c'est l'insecurité absolue?quand il n'y a pas de justice,y'en a plein qui sont au-dessus de la loi,mais juqu'à quand on va continuer dans ce dilemme?j'ai honte d'etre tchadien,le problème c'est<br /> pas seulement le bac,c'est le Tchad!<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br />            " De la qualité de la semence, on reconnait la récolte. Du fakir, on reconnait le talibé: Quelle semence pour quelle<br /> récolte, quel fakir pour quel talibé!!!!!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />    Macaoura, quand il s'agit de discuter d'un thème, tu dérapes toujours en rapportant les echecs cumulés aux années post-80 et ainsi te plaire à te trouver des raisons<br /> inavouées. Je te comprends, tu es prisonnier de tes préjugés ingurgités à longue de ton existence. Tu as besoin d'une mise à jour de ta mémoire qui ignore les réalités du pays.<br /> <br /> <br />   Pour ce qui concerne ce taux élevé d'echec au bac, l'on n'a pas besoin de trouver des coupables ailleurs que dans la dispensation du savoir. Les enseignants du Tchad ne sont jamais<br /> mis en cause dans leur façon d'enseigner. De véritables brébis galeuses se sont approprié de l'enseignement, sans sacerdoce ni pédagogie.<br /> <br /> <br />   Je me souviens de mon maitre de CP1 dans les années 80, un certain Kanogo Jean qui, à chaque fois le directeur s'absent, se frayait un chemin vers les bars de Mardjan-Daffack, nous<br /> laissant comme des proies faciles entre les mains de ses deux "chefs de classe", deux mecs barbus, munis de croix de mobilettes, qui se défoulaient sur nous en nous réclamant des sous. Lorsque le<br /> maitre revint de ses bars, le visage bouffi d'alcool, il recevait de mains de ses "adjoints" sa part de dime. Il nous liberait alors après quelques chants dont j'ai compris le sens qu'après le<br /> collège. C'est illustrer que la décadence de l'école tchadienne a commencé plus tot que tu ne le croit.<br /> <br /> <br />    A l'université du Tchad, c'est encore d'autres insuffisances d'une clique d'enseignants qui usent de leur mission pour accabler les étudiants. Là aussi, leur moralité n'est<br /> jamais mise en cause. Ils ont toujours raison, se vautrant dans une insuffiance notoire. Certains ne mettent jamais à jour leurs cours depuis plusieurs decennies et parfois les feuilles qui leur<br /> servent  de support de cours sont illisibles, entachées par de intempéries de toute nature. Eux-memes ont de la peine à déchiffrer les lettres et les mots entamés par l'usure du support.<br /> D'autres enseignants bradent les sujets de devoirs aux plus offrants ou aux fesses et croupes les plus rebondissantes dans une totale impunité. L'inspection de l'enseignement souffre du manque de<br /> controle sur ces dispensateurs de savoir qui jouissent d'une totale liberté. Aucune loi represseive au dessus de leurs têtes où pétulent des idées corrompues de pédagogues sans<br /> pédagogie.<br /> <br /> <br />   Tout le noeud du problème de l'éducation au Tchad se trouve au niveau de ces enseignants d'un autre. Ces bandits de grands chemins venus dans l'enseignement par accident ou par pur<br /> opportunisme. De vrais délinquants qui n'ont aucune police derrière eux.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Il me semble que un departement des sciences de l'education a vue le jour à l'an 2010, il a pour mission: l'etude des differents aspects de l'education dans ses approches methodologiques et<br /> pedagogiques, l'histoire de l'education, sociologie de l'education,didactique,psychologie des apprentissages, l'education comparée, l'administration scolaire, organisation et fonctionnement des<br /> systermes educatifs, formation professionnelle et continue, formation personnel de l'enseignement d'education specialisée etc..<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Maba. Je voulais tout simplement te faire savoir qu'en France, il y a des échecs scolaires alors que les enfants apprennent dans leur langue maternelle. Au Tchad, le problème se situe<br /> ailleurs. Les collèges et les lycées foisonnent sans le strict minimum nécessaire à l'ouverture d'un collège. Les professeurs ne sont pas sortis des écoles de formation professionnelle pour la<br /> plupart. Beaucoup sont des anciens bacheliers. Certains n'ont même pas le bac. Il n'y a pas de formation continue. Dans ces conditions, comment voulez-vous que les enfants réussissent le bac<br /> ?<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre