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2 Juillet 2008
La ville
de Sarh, chef lieu du Moyen Chari au sud du Tchad, a été secouée entre 23heure et 1e heure
de la nuit du 29 juin dernier par des violents affrontements à soubassement confessionnel.
En effet, selon les informations recueillies auprès de certaines sources dignes de foi, les actes de violences ont opposé un groupe d’islamistes intégristes aux ressortissants autochtones de Sarh, région pluriethnique et confessionnelle.
La fureur des violences s’était emparée de plusieurs quartiers et nous donnent une lecture suivante :
- A Maïngara , deux
cases ont été incendiées et le personnel chargé de la sécurité de l’hôpital a été grivièment blessé par un homme enturbanné suivi par d’autres en véhicules,
-A Banda, plusieurs hangars brûlés ainsi qu’une chapelle,
-Au village Manda, deux cases et un hangar ont été brûlés, il en est de même à Kono, au Km5 et au delà.
Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour venir à bout des intégristes dont seize (16) seraient tués.
Ce bilan qui nous a été communiqué dans la soirée n’est que provisoire.
Mais aujourd’hui, ces actes de violences relancent la polémique tous azimuts sur la question de cohabitation et de la laïcité au Tchad.
Constitutionnellement déclaré Etat laïc, le Tchad est un pays où la diversité religieuse et confessionnelle menace l’équilibre social au niveau national.
Nul n’est sans savoir que chaque citoyen Tchadien doit jouir des mêmes droits et des mêmes libertés sans que l’un et l’autre ne soit lésé et offensé par la pratique d’autrui, lorsqu’il s’agit de mener une vie commune des compatriotes dans un même pays.
Logiquement, tout Tchadien doit choisir son domicile dans un territoire donné et y exercer librement son culte à condition que sa pratique religieuse n’enfreigne aux valeurs et us de ses concitoyens.
Mais, il est permis d’observer qu’au Tchad, la coexistence est de plus en plus difficile entre les Tchadiens qui partagent une confession différente.
La laïcité est remise en cause et les rapports de forces font la différence dans un Etat qui n’assume pas sa diversité religieuse
Il n’est signalé nulle part qu’une religion soit supérieure à une autre, aussi disons nous que toutes les religions se valent que lorsque le respect du culte devienne un élément essentiel qui favorise une cohabitation harmonieuse et fraternelle entre les différentes composantes d’une même nation.
Les autorités Tchadiennes, qui ont encouragé depuis plusieurs années
l’antagonisme confessionnel dans le pays, se trouvent aujourd’hui, au cœur d’un débat dont ils ne pourront maîtriser les tenants et les aboutissants
au regard des événements malheureux survenus à Sarh.
Par Makaila Nguebla