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14 Septembre 2008
L’Association des Victimes, des Crimes et Répressions Politiques au Tchad (AVCRP) est arrivée à Dakar (Sénégal), selon une source
d’un journaliste de la presse internationale accréditée dans la capitale sénégalaise.
L’AVCRP est donc une organisation des victimes tchadiennes qui ont enclenché une procédure judiciaire contre
l’ancien Président Tchadien Hissein Habré et lui reprochent des atteintes aux droits de l’homme durant son règne au Tchad de 1982 à 1990.
Clément
Abafouta.
Président de l'AVCRP
Photo- Archives
Rappelons que depuis la décision prise par l’Union Africaine de mandater le Sénégal, pays d’exil de M. Hissein Habré, d’organiser son procès, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et avocats de victimes n’ont de cesse interrompu de faire pression sur les autorités sénégalaises, accusées de faire de surplace à travers des manœuvres dilatoires visant à retarder la tenue dudit procès.
Le
Sénégal, qui subit d’énormes pressions internationales, a du moins estimé un budget qui s’élève à 18
milliards de F cfa pour un procès équitable de Hissein Habré. Ce montant semble était contesté
par les bailleurs de fonds qui l’ont trouvé surréaliste
et ont réclamé sa révision à la baisse.
Depuis la question financière est à l’origine de l’immobilisme actuel.
L’Etat sénégalais a déjà débloqué la somme d’ 1 milliards pour marquer sa volonté, alors que le Tchad, à travers son ministre de la justice Jean Alingué, avait promis lors d’une visite à Dakar, de verser 2 milliards pour soutenir le procès sans rien donner des détails ni la période. Pire, les autorités tchadiennes ont anticipé d’organiser par contumace un procès pour condamner Hissein Habré pour de faits qui ne sont pas similaires aux charges qui pèsent sur lui.
Jugement organisé par la justice tchadienne sur ordre d’Idriss Deby, était fortement décrié et critiqué par les défenseurs des droits de l’homme pour cause d’iniquité, de défaut du droit de la défense mais aussi pour la condamnation à mort prononcée au contre l’intéressé alors que la peine de mort ne fait pas l’unanimité dans bon nombre de pays du monde.
Pour recentrer notre sujet autour de l’arrivée à Dakar de l’AVCRP, plusieurs informations qui nous parviennent et circulent dans la capitale sénégalaise, laissent présager des interprétations
diversifiées :
1-D’aucuns estiment qu’à la suite de la conférence de presse donnée par les avocats de Hissein Habré démontrant qu’aucune procédure judiciaire n’est encore ouverte jusqu’à aujourd’hui contre leur client auprès des tribunaux sénégalais. Cette affirmation serait donc la première motivation qui a conduit les avocats des victimes à identifier le problème et se préparer en conséquence pour actionner la machine judiciaire sénégalaise.
2- D’autres affirment que l’AVCRP serait à Dakar pour une campagne de lobbyng auprès des autorités sénégalaises pour les exhorter à ouvrir l’enquête judiciaire contre l’ancien Président du
Tchad.
Toujours est-il que certaines sources nous informent que l’AVCRP est venue pour matérialiser sa plainte par un dépôt auprès de la justice sénégalaise.
Si tel est le cas, ça sera le début d’un procès juridico-politique qui a tant duré au regard des suspens observés. Mais, également c’est l’entrée en matière des avocats de Hissein Habré et des victimes de trouver un espace de plaidoirie les juridictions sénégalaises investies d’une lourde mission continentale de juger pour la première fois un Chef d’Etat africain qui n’est plus en exercice et poursuivi pour des délits des droits humains.
Nombre sont les observateurs nationaux et étrangers qui déplorent et condamnent la démarche de l’AVCRP qui fait de Hissein Habré un FOCUS en
épargnant Idriss Deby, alors qu’elle prétend assurer la défense des personnes persécutées par des régimes politiquement répressifs au Tchad de façon générale.
En dépit des violences et répressions politiques qui s’abattent quotidiennement sur l’ensemble des citoyens dans le pays, il est permis de constater
le silence assourdissant de l’AVCRP qui n’a jamais condamné le régime en place.
On aimerait voir l’association interpeller Idriss Deby par une simple ligne dans un communiqué de presse, chose qui apparaît souvent incompréhensible
pour une organisation dont les membres sont issus des persécutions politiques au Tchad.
Pourquoi l’AVCRP admet-elle que les opposants et les défenseurs des droits humains soient en permanence l’objet de menaces inadmissibles, d’attaques scandaleuses et des diffamations les plus
odieuses du pouvoir d’Idriss Deby ?
Par Makaila Nguebla