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21 Mars 2009

Darfour: Mme Hilary déraille,les Etats-Unis doivent se ressaisir !
Les Etats-Unis d’Amérique dont le soutien indéfectible et inconditionnel est acquis aux groupes armés du Darfour, ne fait l’ombre d’aucun doute, se sont emportés mardi dernier avec des propos démesurés et un ton élevé successif provenant de Mme Susan Rice, ambassadrice auprès de l’ONU et Hilary Clinton, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères.
Regroupons ce qu’elles ont déclaré tour à tour ces dernies jours :
Pour Mme Susan Rice : « Le président Béchir et son gouvernement sont responsables et doivent être tenus responsables de chacune des morts dues à leurs actes inhumains et calculés," a souligné Susan Rice devant le Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'une réunion sur la crise humanitaire dans cette région occidentale du Soudan.
Idem pour Mme Hilary : Elle avait déclaré mardi que le président El-béchir serait tenu responsable de "chaque mort" dans les camps du Darfour.
Nombreux sont les observateurs qui s’interrogent à la vraie question de savoir comment on peut faire pression sur le président Béchir et le gouvernement soudanais pour qu'ils comprennent qu'ils seront tenus responsables de chaque mort qui se produira dans ces camps ?
Face à ces déclarations légendaires, généralement irrationnelles des officiels américains, viennent s’y griffer, certains appels aussi distordus de plusieurs ambassadeurs à l’ONU qui ont demandé à Khartoum de reconsidérer sa décision sur la question d’expulsion des 13 ong travaillant au Darfour dans la foulée du mandat d’arrêt émis par la CPI contre El-béchir.
Sitôt la réaction du délégué soudanais à l’Onu ne s’était pas tardée.
C’est ainsi qu’a réagi M. Mohamed Youssif Abdelmannan, qui a réaffirmé que la décision était « irrévocable ».
"La décision du gouvernement du Soudan est une décision souveraine et légitime sur laquelle nous ne reviendrons jamais, et cela ne doit pas faire l'objet de
discussions", a ajouté le délégué soudanais auprès des Nations Unies, visiblement irrité par la pression accrue contre son pays.
Devant les propos à allure hégémoniste des autorités américaines, qui manquent suffisamment d’appréciation réelle et d’informations sur la crise du Darfour, il y a
lieu de s’insurger contre la politique du nouveau gouvernement des Etats-Unis.
Aujourd’hui, de façon officielle, le Président Obama a présenté des excuses à l’Iran pour se racheter devant les erreurs commises par les précédents gouvernements américains connus pour leurs ingérences excessives dans leurs rapports internationaux avec certains pays accusés à tort ou à raisons.
Il n’est pas exclu tôt ou tard que les Etats-Unis se rendront compte que sur le Darfour, ils ont aussi manqué de lucidité.
Nous attendons à ce que les Etats-Unis qui se réclament une terre des libertés et de justice, adoptent sans ambages une position nette ou une résolution pour condamner la situation des atteintes massives des droits de l’homme commises sur des populations paisibles palestiniennes désarmées et démilitarisées par l’Israël, protégée historique des occidentaux en général.
Mais vu que l’approche des conflits internationaux, varie proportionnellement de la gestion des états d’âme des grandes puissances pour des considérations
subjectives, nous sommes poussés à prendre en revanche des positions opposées à des décisions intempestives d’où qu’elles viennent.
L’acharnement des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne contre le Soudan, prouve une fois encore à nos yeux le diktat occidental à émanation naturellement néo-colonialiste.
Rien ne peut justifier les déclarations de Mmes Hilary Clinton et Susan Rice qui ne sont autres que la position
officielle du Gouvernement américain que nous appelons de tous nos vœux à se ressaisir sur la question du Darfour pour aider les parties en conflit à renouer avec la médiation pour donner la
chance à la paix et au retour des populations déplacées dans leur pays.
Les Etats-Unis doivent mettre à profit leur suprématie aux services de la paix, de la justice et de la promotion du respect des droits de l’homme au monde que
d’appliquer la recette de terreur d’Etat sur d’autres Etats qui refusent de leur plier l’échine.
Les Etats-Unis prétendent défendre les droits des Darfouris, sans rien faire à juste titre de concret pour venir en aide aux réfugiés qui meurent de faim et de soif
dans les camps d’infortune au Tchad, pays autopropulseur et déclencheur de cette crise humanitaire qui émeut et mobilise la communauté internationale aujourd’hui divisée pour des raisons précises.
Makaila Nguebla