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25 Mai 2009
Il y eût tout d’abord le colonel Abbas Koty Yakhoub. Chef d’état-major d’Idriss Déby quasiment dès sa prise du pouvoir, il fut une des premières victimes de la
paranoïa de celui qui était alors le tout nouveau maître de N’Djamena. Accusé à tort de tentative de coup d’état en 1992, il doit se réfugier au Cameroun mais lassé de son exil, il rentre au
Tchad en 1993 avant de se faire tuer une semaine plus tard par Idriss et ses soudards. Cet officier droit et intègre, farouche opposant aux exactions d’Hissein Habré, n’avait jamais eu d’autres
visées que de servir son pays. Bien mal lui en prit.
Il y eût ensuite Bichara Digui Arou Mahamat. Cet éternel opposant à toutes les dérives des régimes successifs (Tombalbaye, le GUNT, Habré et enfin Déby) a payé de sa vie sa liberté de ton et son
souci de dénoncer les errements de la classe politique de son pays. Fondant le Rassemblement Démocratique pour le Progrès (RDP) avec Lol Mahamat Choua, il s’oppose vivement à la politique
désastreuse d’Idriss Déby. Arrêté et torturé à plusieurs reprises, cet ancien directeur-adjoint d’Air Tchad ne cesse pourtant de militer pour un Tchad plus juste et démocratique. Un mois avant
des élections présidentielles de 1996 qui se révélèrent être une véritable mascarade, ce patriote exemplaire est abattu par la garde présidentielle à son domicile, allongeant la longue liste des
victimes du régime débyste.
Il y eût enfin, et ce plus récemment, Ibni Oumar Mahamat Saleh Yakhoub. Ce professeur de mathématiques avait créé son propre parti d’opposition (PLD) et était le porte-parole de la(CPDC)
coalition qui réunissait les principaux partis de l’opposition dite démocratique. Lors de l’attaque du 2 février 2008 de N’Djamena par les rebelles, il fut arrêté à son domicile sous les yeux de
sa femme et ses enfants. Selon des sources sûres, il aurait été atrocement torturé et sans doute exécuté sans jugement par des membres de la garde présidentielle. Face à la barbarie d’un régime
abject, il a toujours défendu l’idée d’un Tchad empreint de justice et débarrassé des politiques de prédation des grandes puissances internationales comme la France ou les Etats-Unis.
Ces trois hommes exemplaires ne sont que quelques exemples des atrocités commises par le régime de N’djamena. Mais ce qui est le plus effarant, c’est l’attitude de ceux qui se prétendaient amis
de ces infatigables opposants et qui les ont trahis sans vergogne. Traître, oui traître, Lol Mahamat Choua, cet opposant vendu à Déby qui laissa mourir Bichara Digui et le Professeur Ibni sans
protester, bien content de se débarrasser de concurrents bien trop encombrants. Il poussa même l’ignominie jusqu’à son paroxysme quand il trouva un arrangement avec la présidence pour se faire
arrêter en même temps que le Pr Saleh et se faire relâcher quelques jours plus tard sans dommages corporels, croyant pouvoir ainsi clamer qu’il avait risqué sa vie en vertu de son soi-disant
combat pour la démocratie. Traître encore, les frères d’Abbas Koty, Hissein koty qui rencontra le sanguinaire Deby à paris en 2006 et Issakha Koty qui est rentré au Tchad récemment et qui ont
trahi leur famille en s’assujettissant à celui qui a assassiné leur frère. Traître enfin Bernard Kouchner, le ministre des affaires étrangères français depuis 2007 et ami déclaré du Professeur
Ibni (ils ont milité ensemble à l’Internationale Socialiste), qui n’a rien fait pour sauver son ami et qui se fera décorer par Idriss Déby quelques mois seulement après la disparition du porte
parole de la CPDC. Honte à ceux qui ont trahi la mémoire de ceux qui s’étaient battu car ils croyaient en leur rêves ; mais il viendra le temps où les coupables répondront de leur crimes et les
traîtres seront démasqués. Alors, nous aussi, nous pourrons aller cracher sur leurs tombes et fleurir celles de nos héros trop longtemps souillés.
ABOUCHANAB DJAHANOUF AL-DJIHEMANE
LA REDACTION DE TCHADDEMAIN