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13 Décembre 2007
4. Tribunecoum : On ne vous a pas vu à Dakar lors de la conférence de presse du 26 novembre de la Coalition Sénégalaise pour le Jugement Equitable de Hissène Habré ( COSEJEHAB) .
Par contre, Me William Bourdon, du Barreau de Paris y était présent. Vous-a-t-il remplacé ? Et
quelle place occupe votre organisation dès lors qu’une structure locale travaille sur place ?
Reed Brody: Vous savez, nous sommes une grande équipe dans cette affaire organisée autour du Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré. Il est très important de coordonner nos actions dans cette équipe, c’est pourquoi nous avons créé un Comité de Pilotage. Ce Comité est l’organe exécutif du Comité international, il dégage les grandes orientations politiques, diplomatiques et juridiques du dossier Habré pour assurer la cohérence de nos démarches. Le Comité de Pilotage est composé de Me. Jacqueline Moudeina (Présidente de l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme) - Coordinatrice générale du Comité, M. Souleymane Guengueng (Président fondateur de l’ AVCRP), M. Alioune Tine (Secrétaire général de la RADDHO), et moi-même.
La conférence de presse organisée par la COSEJEHAB (relais à Dakar du Comité international) avait pour objectif de permettre au collectif des avocats, qui représente les victimes au Sénégal et à l’international, de se présenter et de faire le point sur les derniers développements juridiques du dossier après une rencontre avec le directeur de Cabinet du Ministre de la Justice. Les avocats de ce collectif ont été nommés par Me Jacqueline Moudeina, avocate tchadienne qui a été constituée par l’association des victimes tchadienne (l’AVCRP) pour représenter leur intérêt dans ce dossier. Me Moudeina n’a malheureusement pas pu se rendre à Dakar pour des raisons de calendriers.
Me Bourdon, qui est un des avocats français les plus impliqués dans les questions de droits humains –
il défend par exemple les ex-détenus de Guantanamo ainsi que les sinistrés de désastres écologiques, et il est une des figures principales dans le film « Bamako » - fait partie du pool
d’avocats international au même titre que nos avocats en Belgique et aux USA, par exemple. En ce qui me concerne, n’étant pas avocat francophone, et mon ONG (Human Rights Watch) étant un des
principaux soutiens aux victimes, je n’ai pas vocation à etre constitué comme avocat dans le dossier sénégalais. Nous faisons la distinction entre l’action des ONG (HRW, Raddho, FIDH etc) et
celle de nos avocats.
5. <font color="red">Tribunecoum</font> : , Selon votre estimation personnelle du traitement de ce dossier, combien de temps faudrait-il pour la tenue d’un procès de Habré au Sénégal ?
Reed Brody : Tant que la machine judicaire n’est pas lancée il est difficile de se prononcer sur la durée du procès…
Nous appelons le Sénégal à nommer un juge d’instruction au plus vite !
Nous espérons que la justice sénégalaise débute son travail dans les premiers mois de 2008. Dans ce cas
de figure, on peut estimer que, si les charges sont retenues contre M. Habré (et il ne faut pas oublier que des juges, un Sénégalais et un Belge, ont déjà jugé le dossier suffisamment solide pour
l’inculper) le procès pourrait s’ouvrir en 2009, inch’Allah !
6. Tribunecoum: Le Tchad est confronté à un conflit armé qui oppose le régime d’Idriss Deby aux groupes politico-militaires de l’est du pays. L’opposition tchadienne estime que votre organisation est complaisante vis-à-vis du régime tchadien mais aussi face aux exactions commises par les Toro boro, milice instrumentalisée par le pouvoir de Ndjaména, qui ont fait déplacer 20.000 Tchadiens réfugiés au Soudan. Que diriez-vous ?
Reed Brody : Mais pas du tout ! Il faut lire les rapports de Human Rights Watch, notamment
sur l’utilisation des enfants soldats par le Tchad.
7. Tribunecoum : Malgré l’opposition du Premier Britannique Gordon Brown et de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme
qui dénoncent les violations des droits humains au Zimbabwe. Cela n’a empêché au Président Robert Mugabé de prendre part au sommet Union européenne-Afrique de Lisbonne.
Est-ce que ce n’est pas un revers pour vous ?
Reed Brody : Non, Mugabe n’était malheureusement pas le seul dirigeant infréquentable à Lisbonne, Mais ce qui nous préoccupe
c’est plutôt le manque de résultats concrets. Le sommet aura-t-il vraiment fait une différence pour les civils sous les bombardements en Somalie, pour les militants de la démocratie au Zimbabwe
ou pour la jeunesse sénégalaise sur un radeau vers l'Espagne ?
8. Tribunecoum : Quel est votre dernier mot à notre journal ?
Reed Brody : Je voudrais remercier tous ceux qui nous soutiennent dans notre lutte depuis de si longues années.
Propos recueillis en direct
De Bruxelles
Par Makaila Nguebla
Pour tribunecoum
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