L'amalgame est l'arme de ceux qui refusent de voir la réalité en face, servent un discours pour reprocher aux autres ce qu'ils pratiquent eux-mêmes en réalité. Que
l'intellectuel prenne position en dénonçant une situation de fait vécue par la majorité n'est pas forcément du divisionnisme.
Aussi nulle part n'avons
nous dit, en parlant de l'intellectuel qui est lumière pour la masse, que celle-ci est soudanaise. Nous parlons d'une situation de fait inadmissible imposée à une majorité par une minorité
qui se trouve malheureusement être le clan présidentiel qui aura le fair-play et fort à gagner de regarder dans les critiques à son encontre la raison de se rectifier pour entrer dans les
bonnes grâces de son peuple dont les droits, proportionnellement à ses devoirs, ne doivent être continuellement bafoués.
Quand les discours divisionnistes servent vos intérêts,
vous les servez et sérinez à profusion au point de percer le firmament et quand vous récoltez les mauvais fruits de vos pratiques divisionnistes, vous dénoncez à l'emporte-pièce des
divisionnistes qui n'existent pas en réalité, plutôt ceux qui notent ces pratiques ségrégationnistes et injustes pour aider à les exorciser. Pour appliquer un rémède à un mal, il faut bien le
diagnostiquer, c'est ce que certains compatriotes essaient de faire comprendre pour être ainsi incompris par des esprits retors tenus par des desseins
malsains.
Pour revenir d'ailleurs à cette prise de position des
autres qui vous dérangent, notez au passage que vous prenez vous-mêmes, à peine subtilement, position contre ceux qui n'apprécient(je ne parle même pas des rebelles ou de leurs
sympathisants!) pas les pratiques du pouvoir incriminé que vous défendez ainsi en réalité. Démarquez-vous de ce pouvoir, regardez ses tares parmi lesquelles ce clanisme que l'on ne peut nier
et sur lequel on ne peut fermer les yeux, regardez aussi celles des rebelles ou opposants, posez votre diagnostic, suggérez vos rémèdes dans l'intérêt de tous et alors là seulement vous ferez
la preuve de l'impartialité que vous ne voyez curieusement pas en Lyadish et autres bloggeurs. C'est bien beau de "débiner" des choses sur des tares que le pouvoir en place a oeuvrer en
partie d'ailleurs à enraciner et de les imputer à d'autres certes pas exempts de tout reproche mais dont il faut savoir distinguer des faux intellectuels auxquels vous assimilez ainsi tous
les débatteurs. Césaire disait que l'intellectuel est l'homme qui est "dans et de la masse."
Aussi doit-il s'intéresser au drame de la masse, prendre
position pour la masse quitte à ce que sa prise de position, objective, soit contre un pouvvoir donné. Le drame est que dans le cas du Tchad les aspirations légitimes de la masse coïncident,
malheureusement ou pas, avec avec une conjecture et les desseins peu ou prou inavoués de groupuscules rebelles. L'ennemi de ton ennemi étant ton ami, il se trouve que la masse tchadienne,
soit dit en passant amorphe pour se révolter, reporte ses espérances et ses souhaits sur l'opposition armée sur laquelle on ne se fait d'ailleurs pas d'illusions mais a, dans le contexte
actuel d'une extrême gravité pour être aveugle, le bénéfice de l'inconnu opprimant au contraire du vécu pour se poser en moindre mal. Un peu de tact permettrait de démêler ainsi l'écheveau
des dynamiques complexes et comprendre les diverses positions.
Nous ne voulons que d'un Etat de droit dans l'intérêt de
tous, lequel Etat est aux antipodes de celui que nous connaissons et vivons présentement. Quoi de plus normal si des prises de position objectives, fussent-elles en coïncidence avec la
conjoncture ambiante, contribuent à nous rapprocher de celui souhaité et rêvé par la majorité. Salut!
Tamana
Erratum: Nous présentons nos excuses à notre confrère Lyadish pour avoir mentinonné lors de la publication sur notre blog l'article "Tamana" et
lui avons attribué comme auteur Lyadish.Il a eu l'amabilité de nous rélever qu'il ne révendique pas la parternité de cet article éloquent que nous avons repris.